Les Ureilites
La
météorite de Novo Urei qui a donnée
son nom à cette classe d’achondrites
primitives, s’est abattue en 1886, sous forme d’une
véritable pluie de pierres
sur la république soviétique de Mordova. Certains
habitants, voyant sûrement un
bon présage dans ce signe venu du ciel,
décidèrent de broyer une des pierres
pour l’incorporer à leur plat, et ainsi en tirer
un profit divin. Au vue du
taux de nano-diamants pouvant être contenu dans cette classe
de météorite, cela
dû surtout avoir une influence sur leur email dentaire !
1900g furent toutefois
récoltés et sauvegardés.
Les
ureilites sont des achondrites primitives dont l'âge de
formation entoure les
4,5 milliards d’années, mais qui ont subit des
remaniements jusqu’il y a 4
milliards d’années. Les mécanismes de
formation de ces météorites sont encore
assez mal connus, la théorie la plus répandue
étant celle d’une cristallisation
à partir d’un résidu de fonte partielle
de matériaux primitifs, dans plusieurs
corps parents riches en carbone. En effet, les ureilites,
composées
majoritairement d’olivines (et des pyroxènes parfois) ont une
matrice riche en graphites,
nano-diamants, londsdalites, etc ..., dont les rapports isotopiques de
l’oxygène sont prches de ceux des chondrites
carbonées (CV,
CO, …).
Le
carbone cristallisé en réseau
tétraédrique qu’est le diamant, semble
avoir été
formé à partir du carbone graphitique lors de chocs très violents, relativement
tôt dans l’histoire du Système Solaire, même si la découverte de quelques
ureilites aux olivines peu choquées
et pourtant riches en diamants semble démontrer que cette théorie seule
n’est pas suffisante pour expliquer leur présence.
Il
semble qu'il faille aussi se tourner vers les conditions chimiques
d'oxydo-reduction, qui peuvent favoriser la synthèse de diamant
lors du choc (le ferronickel est un cataliseur efficace pour la
reaction graphite-diamant, plus les conditions sont reductrice, et plus
il y a de ferronickel dans la meteorite, donc...)
Le diamant des ureilites les rend notoirement difficiles à
couper et à polir.
A
noter, on peut diviser les ureilites en trois groupes
principaux selon la
nature du pyroxène
qui accompagne l’olivine :
- 1) les
ureilites à olivine et pigoenite, un clinopyroxène de
formule générale (Ca,Mg,Fe)(Mg,Fe)Si2O6
- 2) les ureilites à olivine et augite, un
clinopyroxène de formule générale
(Ca,Mg,Fe)Si2O6
- 3) les ureilites à olivine et orthopyroxène, dont la composition
peut être variable
Une
quatrième classe inclue les ureilites qui sont
bréchiformes, assez rares et représentant
10% du groupe. Celles-ci, contrairement aux autres groupes, peuvent montrer
des
inclusions feldspathiques.
Il existe
egalement une
classification basée sur les condition de reduction subit par
la
roche (traduit par le ratio graphite/metal, le taux de diamants, l'alteration des olivines) qui
comprend quatres groupes, plus les polymictes, toujours à
part...
- R1 : graphite/métal >
10, pas de diamants, dureté faible, le pourtour des olivines est
chimiquement réduit sur 15µm
- R2 : 10
> graphite/métal > 1, quelques diamants, dureté
moyenne, le
pourtour des olivines est chimiquement réduit sur 50µm
- R3 :
graphite/metal < 1, beaucoup de diamants répartis
irregulierements,
dureté très forte, les olivines sont chimiquement réduites à hauteur de 50% ou moins
- R4 : graphite/metal = 0,
diamants très nombreux, dureté extrême, les olivines sont
chimiquement réduites à hauteur de 50% ou plus
K123 (nom provisoire), ureilite du groupe principal, R1 ou R2. Cristaux d'olivine entourés de graphite (surfaces brillantes)
