La
classe des orthopyroxènite martiennes n’est
représentée que par un seul et
unique membre, la météorite ALH 840001,
découverte en antarctique le
27 décembre
1984. Cette roche de 1931g avait été
tout d’abord été
référencée comme
diogènite
anormale, puisque comme celles-ci
composée presque
totalement d’orthopyroxène (97/98%).
Cependant une structure minéralogique divergente et la
présence d’éléments
mineurs comme le plagioclase, certains carbonates… la
faisaient sortir du clan des
diogènites classiques. Malgré cela, sa
classification fut deux fois confirmée,
en 1985 et 1992. La présence de carbonate ferrique (Fe2(CO3)3)
et le haut ratio Fe/Mn induisirent finalement des doute chez certains
chercheurs, et finalement les analyses sur les isotopes de
l’oxygène performées
par Clayton (le pionnier de la technique) permirent de trancher en
faveur d’une
origine martienne. Elle est en fait la plus vielle
météorite connue provenant
de la planète rouge, avec un age de cristallisation de 4.5
milliards d’années. Fait interessant à
mettre en paralèlle, la plus vielle
roche terreste connue a 4,28
millards d'années,
les autres roches la précedant
ayant été
"recyclées"
par l'activité
tectonique. ALH 84001
semble avoir été arrachée
à la croûte martienne il y a 16 millions
d’années
avant de s’écraser voici 13 000 ans en
antarctique.
Peu
de temps après sa reclassification, une étude sur
les structures carbonatées
riches en Fe3+ allait diviser la
communauté scientifique… Une équipe
de
Cette
météorite originaire de Vesta est
tombée en 1931 en Tunisie. 12kg furent
immédiatement récolté par les soldats
français d’un fortin voisin, puis
envoyé
à Paris. Cependant ils en oublièrent de nombreux
sur place, et ce n’est que 63
ans plus tard qu’un passionné de
météorites français vint
récolter le reste, après
des recherches bibliographiques pour retrouver la zone de chute.
En
comparant les fragments de 1931 et de 1994, les chercheurs
français (Barrat,
Gillet et Al.) montrèrent sur les fragments les plus
récemment récoltés des formations
similaires a celles trouvées sur la roche martienne, alors
qu’elles étaient
absentes des plus anciens spécimens. Ils en conclurent donc
que les bactéries découvertes,
puisqu’il s’avéra qu’il
s’agissait bien d’organisme vivants,
étaient du à la
contamination terrestre. Effectivement, les expériences
suivantes montrèrent
l’existence de telles bactéries,
jusqu'à lors inconnues, dans les sables du
désert Tunisien. Leur taille s’expliquant par une
adaptation à des milieux
extrêmes, aussi extrêmes que ceux
régnant en antarctique autour de la zone de
trouvaille d’ALH 84001. Si on avait jusqu’alors
trouvé de bactérie terrestres
aussi petites, c’est qu’on ne les avait pas
cherché…
La vérité est ailleurs, mais parfois bien moins loin qu’on ne le croit…
Coupe
de ALH 84001, et photographie microscopique
des famueses structures "vermiformes"
