Les
roches météoritiques d’origine lunaire
sont représentées par environ 90
membres, et une cinquantaine seulement si on exclu les chutes multiples
utilisant un numéro de classification officiel différent pour
chaque
spécimen recouvré.
Ces roches, tout comme celles rapatriées par les missions
Apollo, montrent une
très grande diversité chimique et
minéralogique. Pour mettre de l’ordre dans
les référencements, la classification
officiellement utilisée en ce moment
permet une subdivision en trois grands groupes, avec comme discriminant
l’analyse
chimique qui utilise :
Les
brèches mixtes de type LUN-M
proviennent des surfaces lunaires, et se situent chimiquement
entre roches type "mare basalt" (basaltiques)
et anorthositiques. Elles sont un mélange de
fragments rocheux
assez divers et l’on peut, grâce à la
présence des éléments
sidérophyles (Pt,
Ir, Ni, Co, Ga, Ge, Os, Au, Ru…), les séparer en
deux groupes :
Les
brèches régolithiques riches
en éléments sidérophyles :
La
croûte étant généralement
appauvrie en ce genre d’élément,
ceux-ci ont été
amenés par des corps astéroïdaux de tout
type, bien que principalement
chondritiques, que l’on peut retrouver
mélangés dans le matériau
régolithique
(couche de poussière ou de roche finement
brèchiforme recouvrant la surface
lunaire) sous forme de microfragments ou
micrométéorites. Ces brèches
régolithiques
mixtes ont généralement un haut contenu en
éléments présents dans le vent
solaire, celui-ci frappant le sol sans être
arrêté par une atmosphère et
s’y
incorporant en partie. Il existe des brèches
régolithiques extrêmement vieilles
présentant une structure très fine et un contenu
en éléments implantés par le
vent solaire élevé. Elles sont d’une
importance capitale dans l’étude de
l’évolution de notre Système Solaire.
Les brèches pauvres en
éléments sidérophyles :
Ces
matériaux sont généralement des
brèches assez grossières arrachées
à la croûte
lunaire profonde par un impact météoritique
violent, et parfois refondues. L’impact
ayant directement fait passer les minéraux de la
croûte à l’espace, ceux-ci
n’ont pas été contaminés par
des roches météoritiques riches en
éléments
sidérophyles ni en élément
présent dans le vent solaire. Elles sont très
utiles
pour comprendre la géologie et géodynamique
lunaire.
Il
est à remarquer que parfois certaines brèches
mixtes lunaires apparaissent dans
les classifications sous le terme de gabbros lunaires ou
gabbroïques, et d’autres
sous le terme de brèches de type KREEP… Tandis
que ces dernières forment un
groupe cohérent de roches contenant du basalte riche en
Potassium (K), terres
rares (REE) et phosphore (P), et sont globalement acceptées comme classe à part entière
(LUN-K), les gabbros ne le sont pas, ou plus.
Les
gabbros lunaires, comme leurs équivalents terrestres, sont
des roches
cumulatives, ou plutoniques, formées à partir de
la fusion de matériaux
mantelliques primitifs de type péridotite. Contrairement aux
basaltes, les
gabbros ont subit un refroidissement relativement lent du fait de leur
profondeur de formation, conduisant à une cristallisation
complète. Il en
existe quatre types, l’euphotide,
l’hypérite, la trocolite et la norite. Les gabbros des
météorites lunaires connus sont
tous très riches en olivine, et se présentent
souvent sous forme de brèche avec
un basalte. On les groupe donc à ceux-ci quant à
la classification (brèche
gabbro-basaltique, dépendant de fait du groupe LUN-M).
Bien que de mécanismes de formation proche des gabbros terrestres, les gabbros lunaires s’inscrivent dans une séquence de roches ignées différentes de celle que nous connaissons pour notre planète, et qui devrait ressembler à ceci :
Les
gabbros lunaires sont donc extrêmement précieux
dans l’étude de la géodynamique
sélène, plus profonds échantillons de
roches que nous possédions de
