Les
diogènites sont des roches composées
presque en totalité d’orthopyroxène,
minéral très riche en magnésium, mais
peuvent cependant comprendre en tant que minéraux annexes de
l’olivine ou du plagioclase.
Il s’agit de roches intrusives formées par
cristallisation lente d’un magma ayant refroidi
en un temps très long, même comparé au
temps de refroidissement des eucrites cumulées.
Cela a permis l’obtention de minéraux
très homgènes, sous forme de
phénocristaux, avec des tailles pouvant varier de 0,2
à 4,5 centimètres. Ces roches sont comparables
à certaines roches plutoniques que l’on peut
trouver sur Terre.
Le
plus généralement, les diogènites sont
des roches bréchiformes monomictes (assemblage de fragments minéraux issus d'un seul type de roche), ce
qui se comprend puisque que l’impact qui a
été capable de les arracher à la
croute profonde de Vesta a du être vraiment cataclysmique, et
n’a pus que
finement diviser la roche phénocristalline. Les exemples polymicte (mélange de plusieurs type de roche diogèntique, avec adjonction possible de roches d'autre nature en petite quantité) sont extrêmement rares...
Il
existe cependant quelques exemples notoire, mais rarissimes, de
diogènites non
bréchiformes comme la météorite de
Tatahouine
tombé en 1931, DHO 700, NWA 4215 ainsi qu'une trouvaille
signée
wwmeteorites : K091 (plus d'information bientot).
Les
diogènites, et notamment celle de Tatahouine, on
été à la base d’un
débat assez
intéressant à la fin des années 1990.
En effet, en 1996, une météorite
trouvée
en antarctique une décennie auparavant (ALH 84001) et qui
avait été considérée
pendant longtemps comme diogènite anormale, fut
déclassifiée comme
météorite
planétaire unique, une otrthopyroxènite
martienne. Or une équipe de la NASA
annonça avoir observé des formations
d’origine biotique sur cette roche, et
crurent donc avoir découvert les premiers fossiles
« martiens ». Cela
tombait bien, puisque la NASA était alors en pleine
recherche de nouveaux
crédits pour son programme d’exploration
martienne…. La preuve la plus citée
était la taille des
« fossiles » de
bactéries, 10 fois plus petites
que les plus petites bactéries terrestres connues,
caractéristique attribuée à
leur nature « extremophiles ». Le
doute planait jusqu’à ce que
quelques chercheurs français décident de
s’en mêler. Ils se livrèrent
à une étude
du même genre sur la diogènite de Tatahouine.
Cette
météorite originaire de Vesta est
tombée en 1931 en Tunisie. 12kg furent
immédiatement récolté par les soldats
français d’un fortin voisin, puis
envoyés
à Paris. Cependant il en resta une grande quantité sur place, sur le sol désertique, et ce n’est que
63
ans plus tard qu’un passionné de
météorites, français encore une fois,
vint
récolter le reste, après avoir passé
quelques heures en recherches
bibliographiques et quelques jours sur le terrain pour retrouver la zone de chute.
En
comparant les fragments datant de 1931 et de 1994, les chercheurs
français
montrèrent sur ces derniers des formations similaires à
celles trouvées sur la
roche martienne, alors qu’elles étaient absentes
des premiers. Ils en
conclurent donc que les bactéries découvertes,
puisqu’il s’avéra qu’il
s’agissait bien d’organismes vivants,
étaient du à la contamination terrestre.
Les expériences suivantes montrèrent
l’existence de telles bactéries,
jusqu'à
lors inconnues, dans les sables du désert Tunisien, leur
taille s’expliquant
par une adaptation à des milieux extrêmes, aussi
extrêmes que ceux régnant en
antarctique autour de la zone de trouvaille d’ALH 84001. Si
l’on n’avait pas trouvé
avant cela de bactérie terrestres aussi petites,
c’est que l’on avait
jamais pense à les chercher…
La vérité est ailleurs, mais parfois bien
moins loin qu’on ne le croit…
