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Les Diogènites


Les diogènite sont nommées d’après le philosophe Diogène de Sinope, qui fut l’un des rares philosophes grecs à reconnaître l’origine véritable des météorites, s’opposant en cela à Aristote et son école, qui, croyant à la perfection et à l’immuabilité des cieux, n’y imaginait pas autre chose que les corps alors connus et visibles à l'œil nu (Soleil, Mercure, Venus, Lune, Mars, Jupiter, Saturne, la Lune et les étoiles). 
 
 
Les diogènites sont des roches composées presque en totalité d’orthopyroxène, minéral très riche en magnésium, mais peuvent cependant comprendre en tant que minéraux annexes de l’olivine ou du plagioclase. Il s’agit de roches intrusives formées par cristallisation lente d’un magma ayant refroidi en un temps très long, même comparé au temps de refroidissement des eucrites cumulées. Cela a permis l’obtention de minéraux très homgènes, sous forme de phénocristaux, avec des tailles pouvant varier de 0,2 à 4,5 centimètres. Ces roches sont comparables à certaines roches plutoniques que l’on peut trouver sur Terre.  
 
 
Le plus généralement, les diogènites sont des roches bréchiformes monomictes (assemblage de fragments minéraux issus d'un seul type de roche), ce qui se comprend puisque que l’impact qui a été capable de les arracher à la croute profonde de Vesta a du être vraiment cataclysmique, et n’a pus que finement diviser la roche phénocristalline. Les exemples polymicte (mélange de plusieurs type de roche diogèntique, avec adjonction possible de roches d'autre nature en petite quantité) sont extrêmement rares... 
 
 
Il existe cependant quelques exemples notoire, mais rarissimes, de diogènites non bréchiformes comme la météorite de Tatahouine tombé en 1931, DHO 700, NWA 4215 ainsi qu'une trouvaille signée wwmeteorites : K091 (plus d'information bientot). 
 
Les diogènites, et notamment celle de Tatahouine, on été à la base d’un débat assez intéressant à la fin des années 1990. En effet, en 1996, une météorite trouvée en antarctique une décennie auparavant (ALH 84001) et qui avait été considérée pendant longtemps comme diogènite anormale, fut déclassifiée comme météorite planétaire unique, une otrthopyroxènite martienne. Or une équipe de la NASA annonça avoir observé des formations d’origine biotique sur cette roche, et crurent donc avoir découvert les premiers fossiles « martiens ». Cela tombait bien, puisque la NASA était alors en pleine recherche de nouveaux crédits pour son programme d’exploration martienne…. La preuve la plus citée était la taille des « fossiles » de bactéries, 10 fois plus petites que les plus petites bactéries terrestres connues, caractéristique attribuée à leur nature « extremophiles ». Le doute planait jusqu’à ce que quelques chercheurs français décident de s’en mêler. Ils se livrèrent à une étude du même genre sur la diogènite de Tatahouine. 
 
Cette météorite originaire de Vesta est tombée en 1931 en Tunisie. 12kg furent immédiatement récolté par les soldats français d’un fortin voisin, puis envoyés à Paris. Cependant il en resta une grande quantité sur place, sur le sol désertique, et ce n’est que 63 ans plus tard qu’un passionné de météorites, français encore une fois, vint récolter le reste, après avoir passé quelques heures en recherches bibliographiques et quelques jours sur le terrain pour retrouver la zone de chute. 
 
En comparant les fragments datant de 1931 et de 1994, les chercheurs français montrèrent sur ces derniers des formations similaires à celles trouvées sur la roche martienne, alors qu’elles étaient absentes des premiers. Ils en conclurent donc que les bactéries découvertes, puisqu’il s’avéra qu’il s’agissait bien d’organismes vivants, étaient du à la contamination terrestre. Les expériences suivantes montrèrent l’existence de telles bactéries, jusqu'à lors inconnues, dans les sables du désert Tunisien, leur taille s’expliquant par une adaptation à des milieux extrêmes, aussi extrêmes que ceux régnant en antarctique autour de la zone de trouvaille d’ALH 84001. Si l’on n’avait pas trouvé avant cela de bactérie terrestres aussi petites, c’est que l’on avait jamais pense à les chercher… 
 
 

Diagramme de classification des différentes variétés de diogènites (carrés rouges)
Diogène de Sinope par John William Waterhouse