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Les chondrites CV


Les chondrites de type CV sont nommées d’après la météorite italienne de Vigarano, chute observée de 1910. Elles présentent des chondres de taille relativement grande, et toujours caractérisées par un degré d’altération métamorphique intermédiaire, du type 3.0 au type 4. Sans être bréchiformes, les CV incluent souvent dans leur matrice des formations minérales annexes au chondres, en l’occurence des inclusions "organiques" et des inclusions réfractaires. 
 
On a longtemps supposé que ces inclusions réfractaires, riches en titane, calcium et aluminium (appelées plus communément CAl’s) étaient les premières formes minérales condensées dans la nébuleuse présolaire (puis subséquemment incluent dans la matrice chondritique de différents type de météorites). Une confirmation directe est venue en 1981 après la mise au point d’une technique innovante de datation isotopique par le professeur Claude Allègre, et testée sur une CV célèbre : la météorite de Allende. L’âge de formation déterminé fut de 4,57 milliards d’années ; maintenant affiné il est globalement accepté comme point d’origine pour la mesure de l’âge su Système Solaire. 
 
Les inclusions organiques se sont avérées être extrêmement proche des chondrites de type CI tant au niveau de la structure que de la richesse en molécules hydratées complexes. Sans évidence de métamorphisation d’impact, il semple que ces parties aient été incluent lors de la formation même des CV… 
 
Les roches proches des CI ne sont pas les seuls exemples d’inclusions carbonées que l’on peut trouver dans les CV. Tanezrouft 057 semble être une brèche polymicte CV4/CK4, tandis que certaines autres météorites présentent plutôt une affinité avec le groupe des CO. Enfin, trois météorites montrent actuellement des comportements intermédiaires entre les CV et les CR (notamment SAH 00182). 
 
Les chondrites de type CV se subdivisent en trois sous-groupes, selon leur degré d'oxydation (mesuré sur les olivines) et présentvs ici par ordre décroissant, bien que cette norme ne soit rarement/jamais usitée en dehors des laboratoires : 
 
- CV3Aox, sous-groupes de Allende 
- CV3Box, sous-groupes de Bali 
- CV3RED, sous-groupe correspondant a une reduction maximum (oxydation minimum) 
 
 
Un lien a été également fait avec le sous-groupe des pallasites de type Eagle-Station. Ces dernières possèdent des olivines gemmes très riches en fer, noyées dans une matrice métallique riche en nickel, et ayant de très grandes affinités chimique avec les CV/CO. Le métal de ces pallasites étant lui-même proche d’un groupe existant, les sidérites IIIF, il a été récemment proposé un modèle de corps parent carboné de cette structure : roches chondritiques en surface, roches métamorphisées (type CV7, comme les météorites NWA 1839/3133) en moyenne profondeur, une interface cœur/manteau de type Eagle-Station, et un cœur de type IIIF… Ce modèle reste toutefois assez simpliste, et même si la tentative est courageuse et esthétique, il est peu vraisemblable que cela corresponde à une réalité quelquonque. 
 
La météorite de type CV la plus connue est sans doute la météorite d’Allende, mais celle de Coolidge présente des anomalies qu’il peut être intéressant de signaler. Enrichie en éléments volatiles comme le sodium ou le potassium, elle montre des inclusions réfractaires au contenu anormalement élevé en fer. La classification qui a été proposée est celle d’un nouveau sous-groupe des CV : CV4 sous-groupe Coolidge. Certains changements encore plus importants pourraient intervenir sous peu puisque que 4 autres spécimens similaires ont été récemment recouvrés et pourrait permettre la création d’un nouveau groupe autonome de chondrites carbonées, les chondrites types Coolidge, abréviation CC.

Allende, spécimen complet avec croute de fusion, chondres bien visibles, 
et CAl's (inclusions blanche au centre)