Le mot achondrite vient du grec ancien chondros = sphérule, que l’on retrouve dans le terme chondrite, et du suffixe privatif « a ». Littéralement « météorites sans chondres », la classe des achondrites est un assemblage hétéroclite de roches pétrologiquement très différentes, dont les conditions, les époques, et les mécanismes de formation sont très variables. On considère pourtant toutes les achondrites comme dérivant de matériaux chondritiques primitifs ayant evolués par méthamorphisme à divers moments dans l’histoire du Système Solaire. Pour se repérer dans la jungle de la vingtaine de variétés d’achondrites, des sous-classes générales ont été constituées.
Les HEDO
Les
achondrites HEDO (Howardites, Eucrites, Diogènites,
diogènites à Olivine) sont
des achondrites différenciées où les
silicates ne cœxistent plus avec le
ferronickel (ou en quantité négligeable). Elles proviennent en effet de
la ségrégation
quasi-totale de ces
matériaux primitifs
dans un même corps parent, considéré
comme très massif. Cette séparation a
conduit ce corps originel vers une structure très nette, avec un
cœur métallique de forte densité (environ 8Kg/L) et une croûte
formée de roches magmatiques plus légéres (environ 3Kg/L), foyer de production
des HEDO.
L’astéroïde
qui est la source commune de cette sous-classe a
été identifié : il s’agit de
l’astéroïde Vesta-4, observé
pour la première fois en 1807 par
l’astronome Heinrich Ölbers. Apprenant
l’existence de ce corps céleste, et
en découvrant quelques autres entre Mars et Jupiter
(Cérès, Junon, Pallas), son contemporain Giuseppe Piazzi conclu qu’ils étaient
tous issus de la fragmentation
d’une ancienne planète peu massive, qui aurait due
normalement se situer à
cette place en accord avec la loi mathémathique, empirique, dite
« loi de
Titus-Bode ». Il conclu aussi que des fragments de
cette planète pouvait occasionellement, à la suite de leur déstabilisation sur leur orbite regulière par un choc ou une
perturbation
gravitationelle, atteindre
L'astéroïde
Vesta-4
(vues originale, corrigée et topographie) par le télescope Hubble,
1997
Les achondrites
planétaires sont des achondrites
différenciées. Leurs origines
spécifiques,
Les
météorites martiennes sont aussi
nommées SNC, d’après trois chutes
restées
célèbres, Shergotty (Inde, 1865), Nakhla (Egypte,
1911) et Chassigny (France, 1815),
représentant chacune une variété
particulière de roche martienne. Il y a peu, un
quatrième type, dénommé O, a
été
ajouté (pour Orthopyroxènites, correspondant à un type de roche très riche en minéral de type orthopyroxène, d'où sont nom) mais
n’est représenté que par un unique
spécimen trouvé en Antarctique (ALH 84001, actuellement dans les collections de

L’origine, maintenant certaine,
de toutes ces roches n’a pendant très longtemps
été qu'une simple supposition, car aucune preuve
directe ne permettait de faire le lien
avec la
planète rouge. Il a fallut attendre les missions Viking en
1976 pour que l’on
puisse comparer une mesure in situ de la
composition atmosphérique
martienne, avec les gaz emprisonnés dans des vaccuoles des roches de ces
météorites (plus precisement
EETA79001) et conclure de manière assez certaine quant à leur provenance. Plus tard
d’autres indices
géochimiques (rapports élementaires Mn/Fe, contenus en terres rares, rapports
isotopiques…) sont venu renforcer les
conclusions tirées grace à cette première série de données. Plus
récemment,
une météorite trouvée dans
Corrélation
atmosphère martienne vs gaz
emprisonnés dans EETA 79001, et un cratère élliptique, source possible
de certaines shergottites, entre les volacns martiens Uranium et Ceranuim Tholus
Les météorites lunaires
La classe
des météorites lunaires est plus
récente,
dans sa date de création, que celle des météorites
martiennes. Malgré le retour
de nombreux échantillons de roches lunaires des missions
Apollo dès 1969, aucun
spécimen météoritique
préalablement découvert n’y
ressemblait. Ce n’est
qu’en 1982 qu’une nouvelle
météorite, d’origine antarctique, fut
déclarée
première météorite d'origine lunaire. Quelques roches de
même provenance géographique suivirent,
mais c’est en fouillant dans un lot d’une
célèbre eucrite australienne tombée en
1960 qu’un particulier découvrit pour la première fois une météorite lunaire
non-antarctique (Calcalong Creek, 19g seulement !).
D’autres trouvailles suivirent, notament en Afrique sahariene
et au moyen-orient,
qui permirent de déterminer
et d’affiner la classification des météorites lunaire. On
dénombre trois groupes
principaux de météorites lunaires, mais toute nouvelle
découverte apporte son lot de
surprise tant la geologie lunaire est complexe. Nous en
apprenant chaque fois un peu plus sur notre plus proche voisine.

Si on considère deux corps massifs orbitant l’un autour de l’autre (comme le couple Terre-Lune), un corps de masse négligeable part rapport à ceux-ci (comme une météorite potentielle) aura plutôt tendance à suivre une orbite chaotique et à être finalement éjecté du système, plutôt que de s’écraser sur un des deux corps massifs ! Un corps arrivant à grande vitesse d’un point éloigné (comme Mars) aurait lui beaucoup plus de chance de percuter un des deux corps massifs. Un problème classique de la théorie du Chaos déterministe, mais qui explique ici beaucoup de chose.
Les
achondrites primitives sont des roches assez étranges dont
l’âge de formation
n’est guère moins grand que celui des chondrites,
ou du Système Solaire lui
même. Les variétés de primitives ont
toutes en commun d’être les achondrites
les plus proches des roches chondritiques. Bien qu’ayant
subit un
métamorphisme, celui-ci est resté relativement
modéré et étalé sur une
courte
période de temps. On considère qu’il a
plus résulté de la chaleur
dégagée
par des radio-isotopes à courte durée de vie (Al26 par exemple)
créer durant la nucléosynthèse
primordiale, qu’a l’influance gravifique qui a
conduit aux autres
classes d’achondrites et aux sidérites, plus
récentes.
La minéralogie des achondrites primitives a été affectée à des degrés divers, mais toujours assez faiblement. Cela se remarque nettement dans la classes des acapulcoïtes, ou la roche possèdent encore parfois des reliques de chondres et des veines de métal dans leur matrice finement (et donc rapidement) recristallisée. Ce sont les mêmes mécanismes partiellement aboutit que l’on retrouve dans certaines winonaïtes, comme NWA1058/1463 qui selon certains devrait plutôt être nommé première chondrite W5 du fait de chondres de pétrologie 5 présent dans sa matrice recristallisée. Encore une fois, la ségrégation fer/silicate n’a été que partielle.

Dans
cette optique les météorites de la classe d’achondrite primitive nommée
ureilite pose
problème, car leur matrice contient des nano-diamants, un
minéral notoirement issue
d’un métamorphisme fort, alors que par definition
les primitives n’y ont pas
été soumis. Les ureilites semblent en fait
dériver des chondrites carbonées,
ayant hérité du carbone présent
à l’origine dans la matrice de celles-ci (CI,
CM, CV, …). Ce serait un métamorphisme de choc, contingent, qui serait à l’origine de la présence du diamant et
autres isomorphes
du carbone dans ces météorites, et non un métamorphisme lié à la structure de l'astéroïde…
Il
existe aussi deux types d’achondrites
différenciées très
particulières, aussi anciennes que les primitives, et pourtant assez différentes. Il
s’agit des
angrites et aubrites, provenant de plusieurs corps distinct, et qui,
malgré des
mécanismes de formation semblables aux HED,
présentent des particularité peu
commune dans le monde des météorites. En
additionnant le nombre de spécimens de
ces deux classes, on n’arrive tout juste à 25
membres sur presque 34 000
météorites classifiées (contre une
cinquantaine de météorite martiennes et une
cinqunataine de météorite lunaires) !
Vue
en lumière polarisée d'une lame
mince de l'angrite SAH 99555, montrant la structure de roche ignée
Les achondrites non-groupées
Les achondrites
non-groupées rassemblent, comme on
peut s’en douter, toutes les achondrites qui n’ont
pu être affiliées aux classes
principales d’achondrites. On les sépare selon leur caractère
(primitives, differenciees/asteroidales…)
dans plusieures sous-catégories rapprochées de tel ou tel groupe connu.
Elle ne
sont représentées que part quelques membres, mais
la tendance actuelle est à
l’augmentation rapide : cela s’explique
par les découvertes de nombreux
spécimens provenant des déserts de notre
planète, mais aussi par l’affinage récent et perpetuel des
méthodes d’analyses et des
caractéristiques de classifications.
Une
nouvelle classe transitoire entre chondrite et achondrite
appelée
« metachondrite »,
est toutefois proposée par quelques classificateurs pour
désengorger celle des
non-groupées, particulierement pour les primitives. En effet de
nombreux spécimens
« non-groupées »
découverts récemment ne le sont que
vis-à-vis des
achondrites déjà existantes et montrent des
affinités chimiques (et parfois plus) avec
certaines classes de chondrites dont elle ne seraient que des versions
extrêmement métamorphisées. Des
météorites qui auraient pu au départ
être tout
à fait considérées dans la classe des
achondrites non-groupées, comme NWA 2898
ou NWA 1839 par exemple, ont finalement été
validées comme étant respectivement
H7, proche des chondite H, et CV7, proche des chondrites CV. Cas identique,
Dhofar 1275 une des trois seules
L7 hors Antarctique.